Bevue de la semaine. No 41. Seme aunbe. 1867. Stockholm, 19 novembre. Lvånement de la semaine est sans contredit la publication dune brochure intitale: Idees sur les mouvements de la tactique moderne?, et signee de la simple initale C., qul faut faire suivre du chiffre romain XV et du titre de roi de Suede et de Norwege, des Goths et des Vandales, ete. etc. Cet crit qui fait sensation pråsente, aprås un rapide historique des ehangements qui se sont succd dans la tactique depuis le phalange greeque et la legion romaine jusquå nos jours, un resumå des nouvelles transformations que Temploi des fusils å aiguilles vient dy apporter. Voici les conclusions de cet opuscule royal: ?Avant de terminer cet exposå des idees que j2i puistes dans des entretiens avec dee officiers revenus du theåtre de la guerre, dans les publications faites sur ces dernicres luttes, comme aussi dans les souvenirs vivants que jai gards et les observations que jai pu faire quand je me svis trouv en contact personnel avec les troupes, je veux exprimer quelques vues contre lesquelles beaucoup de personnes sinscriront peut etre, mais qui, jen svis persuad, finiront par prevaloir avec le t mps. Le nombre considerable de soldats que jes armees modernes semblent exiger a tovjours t en augmentant depuis la råvolution frangaise, poque å -Jaquelle les armåes se levaient dejå par grandes masses. Les exigences quant au rateriel se sont acerues dans la måme proportion. Si on compare la nature meåme du materiel ectuel et de celui de cette poque, combien grande est la difference! Combien il a t modifit et perfectionne! Naturellement ce developpement du matåriel a normement sug mentå les depenses, et pourtant, ce matåriel si cofteux, il doit ötre considerable meme pour le pied de paix, å bien plus forte raison pour le pied de guerre et si on Petend å la råserve. Uve fois, plusieurs fois måme je veux bien que Famout de la patrie impose les sacrifices immenses quexigent de tels besoins. Mais avons nous bien atteint la limite extreme dans ce champ des decouvertes? Pour erter soudain quelque chose de nouveau dans telle ou telle branche du materiel, que faut-il? Rien quun trait de genie. Des lors toute cette partie de Pancien materiel devient inutile; — chaque arme doit sapproprier Finvention nouvelle, si elle ne veut pas, la guerre tcheant, Etre antantie par une armåe dont Iarmement sersit supårieur. Le matåriel jusqwalors reputå le meilleur se trouve entasså dans Jes magasins, mais devenu inutile, comme aussi le capital 4 grandpeine amass qui y a et consacre. PFensuit-il quwil faille se decourager ev ne plus faire dapprovisionnements? Pasle moins du monde, Une armåe doit avoir un bon mat6riel qai rtponde aux exigences du temps. Il faut gapproprier les amåliorations nouvelles, mais il est nåcessaire dy proctder avec plus de prudence que jamais, pour que la valeur du matåriel nentraftne pas å des depenses qui excedent les resources du pays. Il faut done navoir pas une armåe plus considrable que celle ålentretien de laquelle le pays peut suffire. Chaque etat doit revenir åla saine appråciation dun proverbe qui paraft quelque peu delaiss6 et tombe en oubli: ?Peu, mais bon?. Si Ion observe ce principe on peut, tout en geppropriant les dcouvertes qui surgissent, avoir toujours sous Ja main, et quels ue soient les changements survenus, ua materiel å Ja hauteur des circonstances. TLes grandes puissances elles-memes y arriveront, mais peut-ötre seulement aprås une grande guerre qui aura 6puis leurs approvisionnements. Cetle vårit6 doit done frapper bien plus encore les pays dont la population est restreinte. ?Puissent ces petitg Etats ne pas vouloir faire parade de gros chiffres et se contenter de Farmee que leurs ressources leur per