Revae de la semaine. Y:o 9. Gene annte. 1868. Stockholm, 3 mars. La publication par le journal le Sigele de la lettre dun Sutdois qui repousse fierement le titre de Frangais du Nord, sous pretexte que la France, au point de vue des institutions liberales, ne tiendrait plus la tåte de la civilisation, a produit ici un certain deplaisir. On nmadmet pas quun Sutdois distinguct, jouissant de Ihospitalite frangaise, ait pu, quelle que fåt sa manicre de voir, oublier å ce point les plus simples convenances. Dautre part il ne faut pas un grand effort dimagination pour soupgonner quun cerivain frangais quelque peu malicieux ait trouvå cette forme piquante pour manifester son opinion sur Fetat des choses dans son pays. Aussi est-ce å cette supposition que le public Sucdois pråföre starröter. Un vote de la seconde chambre vient de produire une impression gåntralement penible. Voici les faits. On se rappelle peut-ötre quil y a un an cette chambre avait votå Fabolition de la peine de mort, å la majorite considerable de 103 voix. contre 53. La premicre chambre, de son cöte, repoussait cette reforme å une seule voix de majorite. Ainsi, faute dune voix la peine de mort se trouvait maintenne dans nos codes. Cette annee la question est revenue sur le tapis, par suite de motions emantes de quelques representants. Or la seconde chambre, sans quaucune circonstance grave se soit produite dans Petat social, vient de se dejuger de la facon la plus formelle, en adoptant cette fois le maintien de la peine de mort par 100 voix contre 69. Ce mest pas tant Pajournement dun progres si deåsirable, — mais au sujet duquel il faut avouer que beaucoup de bons esprits et des plus liberaux montrent quelque hesitation, au moins comme realisation inmediate, — ce nest pas tant ce retard, disons-nous, qui cause limpression douloureuse constatte plus haut, que la flagrante inconscquence qui se trahit par un tel renversement des votes. Pourquoi ce revirement en elfet? On en est råduit å la recherche des causes accessoires, dont la plus infiuente parait avoir cCtå la crainte de renverser du pouvoir le principal acteur de la röforme repråsentative, M. De Geer, qui s!est prononce resolument et avec cloquence pour le maintien provisoire de cette pönalite. On a dit aussi que Pannee dernigre la question navait pas etc traitte si å fond, mais les faits sont lå pour ctablir le contraire; que la deuxieme chambre dailleurs, såre que le projet ne passerait pas å Ja premicre, navait ceru voter quun desideratum. Tout cela est plus ou moins possible. Le rösultat nen est pas moins singulier. Quoi quil en soit ce vote a decid6 Ia question pour cette session; en effet hier la premicre chambre a rejetö le projet aprös une vive discussion, mais sans möåme proceder au scrutin. Du reste les debats de la Didte ont commenc6 cette semaine å pråsenter une assez grande animation. A Ja premicöre chambre par exemple la question de savoir si Fötude du grec resterait obligatoiro dans les coles tlömentaires a donn6 leu å des discussions fort vives. Les amis des ötudes classiques se trouvaient aux