KIX:e sigele saura sur ces vånements si rculs ce quil lui plaira de laisser savoir; ou plutöt il ne saura rien des secrets que oeuvent renfermer les dites archives, car ves extraits qui devaient etre adresss å mr Fryxell apres revision, — il les attend en core et sans doute i! les attendra longtemps. Il vient de mourir å Stockholm un homme qui pendant quelque temps a tå celebre et qui restera fameux: Magnus Jakob Crusenstolpe. Nous devons, pour le lecteur Etranger. rappeler les principaux traits de la vie de ce personnage qui, apres avoir te queljues annbes le coryphee de la dynastie regnante, gest jet dans Fopposition, a röussi presque å tenir un moment la royante en echec, et est rest toute sa vie un ennemi irreconciliable, soutenant å lui seul une lutte de guerilla qui, sans mettre jamais ladversaire en danger, ne le laissait pourtant pas en repos. Crusenstolpe tait n å Jönköping, le 11 nars 1795, dune famille noble. Aprås de orillantes tudes et quelques essais litte raires, Od dejå se revelaient surtout.des qualits dimagination, il aborda la carrigre administrative, route peut-gtre un peu trop plane et trop monotone pour une nature wussi passionnte, aussi fougueuse que la sienne. Il y parvint pourtant aux fonctions wassesseur de la cour de justice royale. Dans la digte de 1828, il parut pour la premigre fois å la chambre des nobles, et publia alors avec mr Hierta le Riksdagsidning, le premier journal qui ait rendu compte des debats de la digte. De ce mo ment, le pacte tait conclu; il appartenait corps et äme au journalisme. Elev au sein dune famille gustavienne, cest å dire dans des sentiments dsmour pour la dynastie dechue, cependant Crusenstolpe ne put voir Charles Jean sans ötre seduit par le cöt brillant de cet autre fils de la råvolution; sa foi politique sbranla el bientöt aprås, rompant avec le passå, il fondait le journal Fäderneslandet, arme de pied en cap pour la defense de la dynastie nouvelle. hå Son röle de courtisan ne devait pas gtre long. Quest-ce qui amena la rupture? Ici les avis sont partegås. Le fait incontestable cest quil croyait Boon compter sur Pappui de la cour. Ne voulut-on pas faire droit å des pretentions fondees? Ou refusaji-on de ceder å des exigences exagerees? Lå est la question, quil ne convient pas en out cas de discuter sur une tombe å peine fermee. Quoi quil en soit, trompå dans ges justes espcrances ou dans son ambition, Crusenstolpe ntait pas homme å baisser la tee avec une humble resignation. Il se jeta dans Vopposition la plus vive etse retrouva Gustavien comme devant. Le pouvoir de son cöte avait alors Ppi derme assez chatouilleux et, en 1838, sur ses poursuites, Crusenstolpe fut condamne par le jury å trois ans de forteresse pour crime de låse-majest resultant dun article, ou plutöt dune lettre oå Fon netrouverait pas aujourdhui PFetoffe dun delit correctionnel. Voici le passage inerimin: ?Mr le Marechal de la cour Fleming a et nommå major des gardes du corps de Svea le 28 jauvier dernier. Nous voyons dans Falmanach que le 28 tombe un dimanche. Ainsi violation du dimanche par dessus le march! Je sais bien que Veeriture sainte permet, le jour du sabbat, de! retirer le boeuf tombe dans la citerne, mais la promotion des dignitaires de la cour appartient å une tout autre catgarie. Le Conseil auquel il nest pas besoin d expliquer la chose a donc dans cette occasion viole et la loi divine et la loi humaine.? Une telle condamnation et pour un tel motif, chez un peuple si jaloux de ses libertås en gånåral et surtout de la Jibertå de la presse, amena des tmeutes qui durent etre reprimåes par la force arme; le sang coula dans les rues. En ce moment Crusenstolpe malgr ses doctrines aristocratiques ctait le heros populaire. La popularite cest la gloire en gros sous, a dit Victor Hugo, et il nous semble que ces gros sous devaient Nembarrasser, car nous le repåtons, alors comme depuis, Crusenstolpe getait vou exclusivement aux interets de la classe aristocratique et les ides liberales, ces ides de progres et davenir que nous defendons, ont toujours renconire en lui un adversaire resolu. Sorti de Waxholm å Fexpiration des trois ans quil nedt tenu quå lui dabreger, sil est vrai quil a refuse obstinement la gråce quon lui faisait offrir, il recommenga la guerre avec un nouvel acharnement et å vrai dire ne rendit les armes quavec le dernier soupir. Ce qui distinguait surtout Crusenstolpe, ce qui empåchera son nom de pårir, cest quil a t un erivain de premier ordre, joignant, å une rudition tendue en surface, une gråce, une legeret, une clarte qui faisaient souvenir de Voltaire. Il en avait le mordant et la fougue, mais avec plus de courtoisie envers ses ennemis. Au physique il rappelait Gustave Planche, ayant t beau comme lui, et netait pas sans pråsenter non plus quelques traits de ressemblance morale avec ce celebre critique. Crusenstolpe a publi quelques romans historiques, entre autres Morian, Charles Jean et les Suedois?, ?la Maison de Tessin. Ce sont des oeuvres iutressantes ou Ir verit et la fable sont tissues ensemble et enchevåtrees si adroitement quil serait presque impossible de les distinguer, si, pur un surcroit de precaution et en placant trop souvent le mot 7historique? aux endroits qui en pråsentent le moins le caracidre, auteur, dont Vintention est dinspirer confianee au lecteur, ne lui avait pråcisment indique quels sont les cueils oå sa bonne foi pourrait sowbrer. Le lecteur Sudois du moins ne gy laisse pas prendre, car il est vrai qu å Fetranger — et cest pour eclu que nous appelons sur ce point attention de nos leeteurs — on a bien souvent pvris pour argent comvtant