foudres de la guerre, qui ont repandu Fepouvante sur les frontigres dun peuple de notre race, nous ont epargnå leurs ra vages. Il nous a t donne de rentrer paisiblement nos rÅcoltes. TAnge des pidemies ne nous a pas visits comme il Ia ait trop souvent nagutres; la paix a regne dans nos demeures; bien des douces joies nous sont venues sur les pas muets de Pactivit assidue, et ceux qui, dans leur foi et leur amour, se sont tourns vers Celui de qui vient tout secours, se sont vus exauces etc. Tant de benåedietions peuvent motiver aussi dautres formes de rejonissances; cest ce que semblent penser du moins les habitants de Stockholm qui, comme tous les gens civiliss, sont viectimes å cette epoque dune våritable tpidmie de danse de Saint Guy. Ce ne sont que bals et soires dansantes. Nous avons sous ce rapport deux institutions tout å fait speciales, Fordre de VAmaranthe fonde par la reine Christine et lordre de Ilnnocence, tabli il y a cent ans par Gustave III. Par certaines dispositions, ces ordres rappellent celui de la Mouche å Miel tond par la Duchesse du Maine, mais ce son exclusivement des runions dansantes, rÅåunions auxquelles assistent, non seulement Vlite de la societ, mais aussi tous les membres de la famille royale. A ces bals ajoutez les brillantes fetes que donne le prmee Oscar, les bais particuliers, celui que donnera le roi dans quelques jours et vous comprendrez que dame politique elle-meme se ressente de tant de iatigues, — bien quwelle ne danse pas. A propos de Gustave III, il parait en ce moment en Sugde une traduction du bel ouvrage de mr Geffroy intitul ?Gustave III et la cour de France? et il y a lieu de croire que cette traduction, due å mr Victor Preiff, sera beaucoup lue, car le point de vue auquel sest plac le clebre ervain de la Revue des deux Mondes est tout å fait spcial, comme Nlindique le titre, et son livre est ainsi le complåment nåcessaire des ouvrages remarquables publis en Sugde sur ce roi et tout dernigrement par Bernard de Beskow. Au måeme moment se publie en Danemark une traduction, par mr Rosenberg dun autre ouvrage non moins excellent de mr Geffroy: ?La Suede et la Russie. Nous ne saurions ne pas dire un mot sur la tempårature qui est dune douceur surprenante. Nous avons un vårit:ble hiver parisien, plusieurs mois dhumidit entre deux branches de froid, Fune qui a fini Pautomne, Fautre qui sera sans doute la preface du printemps. Aussi notre club des patineurs, institution toute råcente, car il y a dix ans les enfants seuls patinaient å Stockholm, notre elub na-t-il pu avoir quune seule reunion; la seconde est litteralement tombåe dans Feau. Les glaces, un moment si fortement prises, se rompent et sur certains points la navigation recommence. Dieu est grand et Vamiral Fitzroy est son prophete.