Revne de Ia semaine. No 34. 2 e anne. 4864. Stockholm, 23 aofit. La nouvelle nous arrive de la province que dans differents endroits on a å Pimproviste celebr le 14 de ce mois, par des solennits religieuses ou autres fetes, le jubil des cinquante anne de paix que la providence a accordtes å notre pays. Cest en effet le 14 aoft 1814 que fut conelue la convention de Moss, par suite de laquelle la Norwege deposa les armes et sunit å la Suetde. Depuis cette poque nous pouvons dire avec le pogte: Jai vu la Paix descendre sur la terre, Semant de Yor, des fleurs et des pis. Depnuis cette poque, notre pays a vu se developper sans interruption son activit et sa prospårit interieures. Dans dautres circonstances certes un pareil jour aurait då öre ctlebre par une veritable solennit publique et dune manigre grandiose; mais les corjonctures politiques ne sont pas faites pour inviter beaucoup å la joie et la manidre dont nous sommes arrivås å pråserver cette paix pråcieuse, comme aussi les resultats pour nos voisins immåediats de cette habilet6 pacifique ne sont pourtant pas tellement brillants pour quil y ait chez nous beaucoup de gens disposts å entonner des te-deum. Et måme la plupart des partisans de la paix å tout prix sentent quils doivent ötre modestes, et quwil ne faudrait pas deux triomphes pareils å notre pays pour åtre perdu. Nous navons pas besoin de dire combien les preliminaires de la paix qui va se signer sont douloureux pour nous. fs consacrent un demembrement de cette nationalite andinave qui anurait tant besoin au contraire de toute son nergie, de toutes ses forces reunies pour la defense de sa libertå, peut-etre de son existence. De måme qåen 1809 une des branches vigoureuses dutronc scandinave en 6tait violemment spare, voici maintenant une nouvelle mutilation, voici 200,000 Scandinaves du Slesvig quon va essayer de germaniser, et Dieu sait sous quelle oppression, sous quel terrorisme les malheureuses gens rwuront å gåmir, jusqwå ce que le dernier serme de la nationalit soit etoulf dans leur coeur. On peut en juger dejå par le rgime auquel le Slesvig est en ce moment soumis. Mais Ja perspective qui souvre sur Iavevenir est plus dåsolante encore. Nous savons ce que veut dire la ereation dune maine allemande å Kiel, Flensbourg et Als, 0us savons par exprience que la nationait germanique, jalouse et dåvorante, ne souffre aucune autre nationalit6 indpenlante auprås delle, et nous nignorons pas I quels injustes excds, å quelles grossieres riolences VAllemagne peut se luisser aller our conquerir le monde å ce quelle apelle la civisation germanique. Ce ne serait rien encore gl ne stagissait jue du danger davoir affaire å la brutalitå udesque; mais malgrå tout ce que peuvent lire Messieurs les professeurs etsavants des miversits sur la grandeur, sur la mission istorique de TAllemagne, il ne parait que rop que cette Allemagne mest et ne sera amais que Ihumble satellite dela Russie. haque jour il devient de plus en plus vient que, mme dans cette question qui semlait pourtant bien pour VAllemagne ötre xclusivement nationale, cependant elle na ( quun simple pion pousså parla Russie. Ainsi, au fond, 1809 et 1: se tiennent, t la main qui a port les premiers coups