94 Oe VM SJ ADR BERETT Revue de la semaine. No 26. 5eme annge. 1867. Stockholm, 30 juillet. Ure des questions les plus dålicates et les plus graves que la societ, dans Petat actuel de la civilisation, soit appelee å råsoudre est celle de Vextension å apporter aux droits civiques des femmes, non comme June vaine ide dmancipation, bonne å passionner des Vesuviennes, mais comme moyen I pour les femmes de subsister, comme question de vie ou de mort. Dans le Nord, comme partout dailleurs, croyons nous, cette question simpose de jour en jour plus impårieusement, et parce que les femmes y sont plus nombreuses que les hommes, et parce que les mariages, comme on le constate dans tous les pays europens, vont en diminuant. Nous avons deja donn des indications å ce sujet; nous les rtsumerons ici par ces deux chiffres extreåmes dune periode qui embrasse plus de cent ans. De 1751 å 1760 on constate 1 mariage par 110 habitants; de 1861 å 1865, 1 mariage par 140 h. Or sans tomber le moins du monde dans le mysticisme rotique de certains auteurs modernes et tendre, par exemple, comme Michelet, au Pontificat de la femme?, il faut bien, — cest la plus douloureuse etla plus pressante des questions sociales, — il faut soccuper douvrir de nouvelles carridres å tant de victimes intåressantes de la civilisation moderne, å qui le travail permis ne donne pas le pain quotidien. En Sugde, nous devons le reconnattre, il a tå fait råcemment dans ee sens les plus louablesefforts. La femme trouve dejå; acct3s dans Ienseignement populaire, ou elle j rend des services signales, ou elle se montre une transition non-seulement heureuse mais: nEcessaire entre la måre et le maitre; eile a: t admise aussi parfois dans Iadministra-; tion des postes et dans celle des tlegraphes. ! Mais tout cela est bien insuffisant. Il sagit de faire de nouveaux pas dans cette voie. i Nous avons mentionne, en son temps, la motion faite dans TOrdre des paysans, par Mr Svends6n, pour tendre les droits civiques ; de la femme, et le renvoi qua fait !a Diete de cette rmoiion aux deux universites du! Royaume pour y bre mQrement examinåe. Lund mna pas encore fait connaftre son opinion. Celle de PFuniversite dUpsal ne: paraft pas devoir faire beaucoup avancer la question. En effet le comit6 nommå å ce sujet pose comme base que les droits civiques de la femme doivent 8tre limits dans sa sphere dactivit comme femme et comme måere. (Les femmes ne demanderaient pas micux). Elle ne doit pas deås-lors avoir acets aux emplois de IEtat. On ne lui reconnait pas le droit de passer des examens, mais elle pourrait å la rigueur suivre les cours et se faire inscrire comme civis academica. On consentirait ä admettre ces dames au besoin aux places de professeurs dans les classes inferieures: des coles elmentaires. Enfin le comit reconnafit quelles peuvent ötre utilises dans les telegraphes, les postes et autres semblables emplois privs et comme maitresses de dessin et de musique. Ce rapport a t ensuite diseut6 dans les facults dont voici Pavis: La facult6 de droit ne voit pas dobstacle då ce que la femme passe Iexemen dans cette matidre, mais elle ne croit pas devoir lui conseiller la ecarridre juridique, et par suite de la longueur et de VYaridit6 des tudes nåcessaires, et en raison des difficults quil y aurait pour elle å remplir de semblables fonctions. Quant å la facult de mådecine, elle fait un pas de plus et irait jusquå accorderi licentia practicandi, å condition que les licencies ne fussent pas admises au service de PEtat. En somme, les facultås ellesmåmes se sont montrees plus liberales que le comit charge de pråparer la question et tout semble indiquer que, plus ou moing lentement, un progres ncessaire saccomplira dans ce sens. La politique continuant de faire relåche, nous naurions å vous entretenir que des joies populaires de la föte de Bellman, favorisges par un soleil splendide et... exceptionnel, et aussi å mentionner quelques nouvelles concernaut Vindustrie, sur lesquelles nous avons tout le loisir de revenir. Mais voici un document historique que nous eroyons devoir emprunter au dernier töme des Annales de PAcademie des Inscriptions et Belles lettres, Cest le procås-: verbal de Iouverture du cercueil de Gu.tave : 1, qui a eu lien par suite de cireonstances :! que le prambule de ce document fait suffi! samment connalire, Le Grand marechal du royaume ayant annonct au -oi que le couvercle du cercueil l de Gustave III se trouvait presque detachå, : S. M. ordonna qvwil fåt fait une visite dinspection pour gassurer si cette circonstance ntait pas le rsultat de quelque violence ex-l. terieure. En levant le couverele on reconnut que les vis de fer qui devaient le retenir etaient trop courtes, et que la pointe en avait pånåtrå å peine dans le bord du cercueil, de sorte que le couvercle ntant retenu que par l les tenons plaeås sur le cöt6 du cercueil, se serait trouv libre, ceux-ei une fois desseches. On na pes remarqut la moindre trace de violence exterieure. Le corps du roi, revölu du costume des Seraphins, reposait immedistement sur le fond du cereueil, lequel tait garni dune 6toffe blanche od lon paraissait avoir dpos quelques sromates. Au toucher Ion reconnut que loreiller plac6 sous la 18te devait en contenir galement. Le corps, qui na pas 6t embaumå, ntait couvert que par les våtements, et navait pas de linceul. Le manteau, qui fait partie du costume, tait repli sur les cOts. es jambes, revötues de bas de soie et du reste å dcouvert, ne pråsentaient plus que les parties osseuses. Les pieds taient chaussås de souliers å bouffettes de rubans. La tåte etait peu attaqu6e. La peau du front et des joues dun jaune blafard sappliquait exaetement sur les os. Le nez aminci gardait sa plaee. La partie inferieure des joues et le menton paraissaient sanpoudrås dune matidie blanche, pulvåriste, semblable åå de la chavux. bordee dd nne raie sombre ani