-Jå tout jamais dans nos annales comme un point culminant et lumineux, comme une sorte de solstice historique. Les premicres expositions de Vindustrie et des arts, leur succes, la ferme et joyeuse conliance dans Yavenir qui en resultent, Faffluence des visiteurs quelles attirent et Panimation de la ville; — la chute dune -Jancienne constitution, Finauguration dun nouvel difice social, sans perturbation, sans violence, sans secousse, si bien que la societ semble å peine s!en Cire apergue; — les fetes mömes de la mi-t, favorises par un temps splendide, cette sorte de dlire de tout un peuple enivrå de soleil — et, gil faut tout dire, cette opposition dun ciel bleu et pur avec les nuges sombres qui s:amassent sur le reste du monde, ce contraste des clameurs joyeuses et des affreux tumultes de la guerre, tout se reunit pour faire de la semaine qui vient de secouler un moment unique dans notre histoire. Cest vendredi, 22 juin, que la Ditte a expire de sa belle-mort. La veille, suivant les us et coutumes, la I publieation å son de trompe avait en lieu dans la ville avec ce cortge moyen åge, I cet etalage de ecouleur locale quiferait si bien dans un drame de Victor Hugo. Cest une question de sevoir si le nouvel ordre social nentrafnera pas la mise en magasin de tous ces oripeaux, question trös-peu importante dailleu:s, exemple de FAngleterre prouvant fort bien que la libert peut soublier sans danger å ces antiques mascaI rades. Quand les 4 Ordres sont entrås successivement dans la Salle des Etats, les paysans dabord, puis les bourgeois et les prötres sans tambours ni trompettes, puis la noblesse et-les chevaliers avec explosion de .) fanfares; quand le cortege royal est arrivå avec ses herauts bariols, ses drabans de Charles XII, ses pages de Gustave II et sea Straphins empanaches; quand enfin le roi, avec la couronne, le manteau et le sceptre, sest assis sur le fameux tröne darsent, tandis que ses deux fröres, dans un costume aussi pompeux, prenaient place å I ses cOts, Nimpression de ce moment a t .J grave et solennelle, surtout peut-ötre å cause de ces anachronismes de costume qui faisaient croir å une sorte dvecation supreåme du moyen-åge. II y a, comme Pa si bien dit le Grand marechal du royaume, — Il y a, dans la vie des nations, des moments oå Pon croirait entendre les pas du Temps.? On se sentait å une de ces heures dåcisives; les esprits les plus fermes et les plus confiants, dans Favenir ne pouvaient se soustraire å cette impression. Il y a toujours quelque chose dauguste dans ce qui meurt, dans ce qui nous quitte å tout jemais, — möme lorsquon ne le regrette pas. Cesentiment se retrouve dans le discours du roi, dont nous donnons la traduction officielle: MESSIEURS, Vous venez de porter å ma connaissance que le projet pour une reforme de la repråsentation nationale, dont je Vous avais saisis, a t adoptå par Vous dans Fordre prescrit par Ja loi fondamentsle. Ma proposition a done acquis, en vertu du 82 de la Constitution, force de loi organique; et non seulement Je Faccepte, en ce qui me concerne, comme telle, mais Je prescris et ordonne å tous mes sujets et å ceux de mes suecesseurs au tröne, dela reconnaitre, de Faccepter, de s:y conformer et dy rester fideles. Le changement, dont les fondateurs de notre organisation sociale actuelle avaient deja dåesir introduire les principes fondamentaux, vient donc, aprås plus dun demisigele, de recevoir sa consecration. Nous terminons aujourdhui, non seulement une session memorable, mais toute une poque de Yhistoire du peuple Sugdois: une-poque qui compte des sidcles. Le confiant espoir, avec lequel j!envisage Pavenir, ne saurait refouler dans mon coeur les sentiments dmotion, avec lesquels je Vous vois, pour la derniere f rassemblås ici, ov les Etats Generaux du Royaume se sont trouvås si souvent en pråsence de leur Souverain, et il ne mempöche pas de reporter, avec reconnaissance, mes regards sur la påriode qui sest Ecoulte, sur les Evnements imortants pour le sort de la Patrie, auxquels es Etats Genraux ont pris part, ainsi que sur tout ce quils ont accompli de bon et dutile. La posterite conservera, dans un souvenir ineffacable, le magnpanime sacrifice que Vous avez fait, en placant le bien de Ja Patrie au dessus de toute autre considration. Elle rendra, en mtme temps, justiee aux sentiments de ceux auxquels leur convietion na point permis dabandonner leurs appråhensions, mais qui, dans leurs objections metmes, trouveront des motifs de redoubler dardeur pour le service dune Patrie galement cherie de tous. De pareils sentiments forment la meilleure garantie de mon esprance, que le peuple Suådois ne trahira point la confiance que son Roi et que les Etats Gentraux ont eru pouvoir accordet å sa sagess , å sa moderation, å sa prudence et å son patriotisme. Malgr la divergence dopinions qui nåcessairement a då exister, unissons-nous done tous, en ce moment, dans une commune concorde pour supplier le Grand Dispensateur de toute bonne oeuvre daccorder Ses bendictions å Pedifice dont les råsolutions de cette Diete ont poså les fondements. Nous sommes galement appelås å rendre gråces au Tout-Puissant, dans son temple comme dans nos foyers, pour rous avoir pargn toute participation aux questions brålantes qui vienneot dallumer une guerre devastatrice au seix de peuples, plus richement dotes par la nature, mais non plus heureux que nous. Mes rapports avec les Puissances Ctrangeres mautorisent å nourrir le ferme espoir que je russirai å maintenir intactes, avec chacune delles, les relations amicales qui nous unissent. Ce serait en vain que nous pourrions nous flatter dechapper aux consquences nuisibles de la stagnation du commerce e! de Finterruption des changes internationaux, insåparables de la guerre, et dont les suites funestes se feront ressentir bien au delå du cercele de son action effective. Mais les inconvnients qui de ce chef nous menacent pourront, — jaime å le croire, — ötre surmontås, si nous adoptons la sårieuse råsolution dune sage Economie et dune prudente abnegation. Par de constants efforts, et par une intelligente distribution du travail, Vous avez russi å donner, dans un espace de temps comparativement restreint, une solution aux questions nombreuses et importantes, sur lequelles Vous aviez å Vous prononcer. Quend måeme toutes les propositions que je Vous avuis soumises, nont pu recevoir Votre complet assentiment, je ne puis, en jetant un coup doeil sur Iensemble de Vos travaux, me refuser å Vous temoigner ma satisfaction, et lorsque Vous deposez aujourdhui Vos mandats, pour retourner å Vos occupations privees, je Vous tmoigne, au nom du pays, ma reconnaissance pour le zele Eclair que Vous avez voue å son service, pour le bien que Vous avez accompli et preparå. Conformement aux pråceptes de la Constitutiom ie dåclare Pp Diöste actnelle ter