norna. Revue de la semaine. r No 46. de anne. 1864. Stockholm, 8 novembre. Les fetes du jubil de la reunion de la Sugde et de la Norwege ont tå si brillantes, ont veill un enthousiasme si unanime, quelles se sont lev6es par suite å la hauteur dun vånement politique qui sera certainement remarqu6. Cest dans de telles circonstances et quand on voit les person. nages, rputes les moins chaleureux pour ces ides dunion, faire precisment le plus de bruit, pousser les hourras les plus vifs, cest alors quon sent combieu les principes vrais ont de force contre les sophismes. Certes nous jugeons les choses avec trop de calme pour nous imaginer que la cause du scandinavisme ait beaucoup gagnå en cette affaire; mais on reconnaftra du moins quelle ny a pas perdu. Les fetes du 4 novembre ont t de veritables fetes nationales et pour trouver en France des exemples dun tel lan, dune telle unanimite dans les manifestations, il faut se reporter aux jours ov le canon annongait aux Francais la prise de Malakoft ou la vietoire de Solferino. Ces fötes se sont celbrees dans tout le ays; il ny a pas une petite ville, pas un ourg, pas un bambau pour ainsi dire qui ny ait pris part. Mais pour ne parler que de la capitale, aspect, le soir du 4 no, vembre, en tait vratment magique, et devait frapper les trangers. Notre systeme dillumination pour les maisons particuligres difföre de celui qui est usit en France. Ce sont bien toujours, cå et lå, des lignes blouissantes de gar et des chiffres et emblåmes lumineux que le vent change en saphirs ; mais au lieu de ces guirlandes exterieures de lanternes de couleur qui, pour un soir, font de Paris une blouissante ville chinoise, nos maisons laissent voir une joie plus diseråte, plus interieure, Ce serait peutötre un peu chimerique que de chercher lå des analogies de caractöre; il suffit dalleguer les nåcessitås du climat. Derriere les fengtres, sont placs des portants de bois, soit horizontaux, soit en forme de triangles, garnis de plus de bougies que les bonnesfemmes nen allument å la chåsse de Sainte Genevitve. BSouvent å ces bougies se joignent des vases de fleurs, des bustes, des statuettes legamment group6s; et ces maisons ol toutes les fenåtres rayonnent, du toit au grenier, et od Ion ne voit personne ont vraiment aspect de palais enchantås. Nous passons sous silence les transparents, les emblemes, les devises, les trpieds, les colonnes, les guirlandes, les soleils lectriques avec leurs nombreuses clipses, les feux de bengale, les marechaller, — sorte de eroix å trois ou å cinq branches qui remlacent nos ifs, — les pots å feu, voire måme es quelques lampions que toutes les municipalits conservent, sans doute comme un souvenir des temps dinnocence; venons å la partie plus serieuse de la föte. Elle se composait de Te deum dans les glises et dune solennit å la salle du tröne, suivie dun grand diner-gala au chåteau. ÅA propos des Te deum, nous ne pouvons que constater que toutes les glises et les moindres chapelles taient combles; il va sans dire que toutes les boutiques Etaient fermåes. Aussitöt aprås le service divin commenga la solennit å la salle du tröne. Il nous faudrait les colonnes et Iloquence du Times pour dcrire les uniformes, les dorures, les panaches, les diademes et tout ce tableau mouvant et multicolore. La c6remonie commenga par une cantate du FTofesagur Böttiger, pour les paroles, et du maitre de chapelle Norman pour la musique. Puis vint un discours prononc par mr Carlson, ministre des cultes, discours remarquable sous tous les rapports, måme sous celui de la longueur. Voici du reste un court fragment de ce discours: Aux lueurs råunies du souvenir et de Fesprance, la Suede et la Norwege celebrent le cinquantiåme anniversaire de leur union. Elles peuvent, en jetant un regard en arrigre sur le passå le considerer comme une påEriode de commencement, desormais close, et qui a eu ses rayons et ses ombres. Elles peuvent se regarder en face el se dire ?Les brumes se dis ipenb, nous nous reconnaissons. Ennemis deelarås, adversaires qui se cachent, nul ne pourra nous sparer, car nous sommes lites par la fraternit6 jurge,